Les apprentissages les plus représentés dans le canton de Fribourg sont ceux du commerce et de la vente. Alain Wicht-archives

Tops et flops de l’apprentissage

Le forum des métiers Start! ouvre ses portes aujourd’hui et met en vitrine des dizaines de formations.

Professions. Choisir une voie d’apprentissage peut être un véritable casse-tête pour un jeune. Le forum des métiers Start!, qui ouvre ses portes aujourd’hui à Forum Fribourg, permet aux différentes filières de formation, écoles, hautes écoles et entreprises de présenter leurs activités. Les jeunes, eux, peuvent découvrir au même endroit des métiers très divers: construction, commerce, administration, industrie, art, enseignement, santé, social, etc. Dans cette jungle, il n’est pas facile de s’y retrouver et les jeunes choisissent parfois leur voie en fonction de ce qu’ils croient connaître ou sont parfois guidés par des a priori. Certaines filières ne parviennent pas à offrir suffisamment de places d’apprentissage pour satisfaire la demande, tandis que d’autres peinent à trouver des candidats. En parallèle, les clichés sur les professions masculines ou féminines ont la vie dure.

Les tops

La filière d’apprentissage la plus recherchée est l’informatique. «C’est très clairement dans ce domaine que la demande est la plus forte», explique Christophe Nydegger, chef du Service de la formation professionnelle du canton de Fribourg. Malheureusement, le nombre de places d’apprentissage est relativement faible: une vingtaine chaque année. Il faut toutefois y ajouter 40 places à l’Ecole des métiers de Fribourg. «Beaucoup d’entreprises ne couvrent pas l’entier du spectre nécessaire à une formation complète», ajoute le chef de service, qui prédit un accroissement de la demande dans les années à venir. La pénurie d’informaticiens touche l’ensemble du pays.

Sur la seconde marche du podium, on trouve les apprentissages dans le commerce et la vente. Avec un nombre total de contrats de 1075 pour le CFC de commerce et de 496 pour les gestionnaires du commerce de détail, la branche est la plus représentée dans le canton de Fribourg, et aussi en Suisse. Mais attention, ces métiers très prisés sont appelés à changer profondément ces prochaines années. «Avec internet et la digitalisation, ces métiers vont forcément évoluer. Le conseil va notamment prendre une plus grande place», indique Christophe Nydegger.

Enfin, les métiers de la santé sont également très prisés. Les places disponibles d’assistants en soin et santé communautaire (ASSC) et d’assistants socio-éducatifs (ASE) sont loin de pouvoir satisfaire la demande. Ces métiers sont notamment très recherchés par les filles. «C’est peut-être un cliché… mais il se vérifie sur le terrain. C’est probablement dû à un mélange de stéréotypes et d’éducation. Des actions ont lieu pour sortir de cette logique mais ce n’est pas encore au point», explique le chef du Service de la formation professionnelle. Toutefois, certains métiers quasi exclusivement masculins commencent à intéresser aussi des filles. «Nous avons eu quelques maçonnes dernièrement», i llustre Christophe Nydegger. Inversement, des garçons se lancent aujourd’hui dans des apprentissages de créateurs de vêtements.

Les flops

Parmi les métiers en panne de vocations, on trouve aujourd’hui les peintres en carrosserie et les carrossiers. Il n’y a plus que 16 apprentis de première année alors qu’ils sont encore 25 en troisième année. «On remarque une diminution des contrats alors qu’il y a toujours autant de places disponibles qu’auparavant », constate Christophe Nydegger. Même constat chez les ferblantiers. Le besoin du marché est là, les places d’apprentissage existent, mais les candidats se font rares. L’image du métier est notamment en cause alors que l’activité de ferblantier ne se résume pas à un travail pénible en extérieur.

Mais les retournements de situation existent sur le marché de la formation. Les bouchers, par exemple, peinaient à trouver des jeunes motivés il y a quelques années encore. Aujourd’hui, il y a deux grandes classes d’une vingtaine d’apprentis en première et en deuxième année. «On n’avait plus vu cela depuis des années. Il faut dire que l’association professionnelle s’est vraiment démenée et a mis de grands moyens dans la communication », explique le chef de service. Grâce à cet engagement, le nombre d’apprentis bouchers a doublé.

L’avenir

En Suisse, la maturité professionnelle a atteint son rythme de croisière et ouvre aujourd’hui les portes des hautes écoles. «L’apprentissage dual va continuer à se développer dans les prochaines années. L’intérêt est toujours grand et le modèle n’est pas remis en cause, même s’il ne doit pas s’endormir sur ses lauriers», assure Christophe Nydegger. Au niveau de la Confédération, des réflexions sont en cours sur la formation professionnelle à l’horizon 2030. Faut-il conserver le principe des jours de cours ou bien favoriser des cours-blocs? Un groupe de travail composé de représentants des cantons, des syndicats et des professionnels planche sur ce genre de questions afin d’améliorer l’employabilité des jeunes qui terminent leur apprentissage.

«Dans la vente, le conseil prendra davantage de place» Christophe Nydegger

«Dans la vente, le conseil prendra davantage de place» Christophe Nydegger